J'ai écrit une première version de ce billet dans un moment de blues... Je l'ai remanié mais j'ai laissé certains passages "tels quels" et j'espère qu'il ne paraitront pas trop dur, ça n'est pas le but et je ne veux blesser personne, juste témoigner de la difficulté du célibat.
Comme vous le savez, je suis célibataire et ce depuis un petit moment. Je suis donc habituée à être seule, à voir mes amies se mettre en couple, se séparer pour certaines, se marier pour d'autres. Je suis heureuse pour mes amis lorsqu'ils sont heureux, je suis triste quand un couple que j'appréciais se sépare, et je ne crois pas être la jalouse de base vis à vis de mes amis en couple (il vaut mieux car sinon je n'aurais plus beaucoup d'amis). La plupart du temps, mon célibat ne me pèse pas, j'ai une vie sociale plus que remplie, mais parfois, il faut bien se l'avouer, c'est dur, et ce pour plusieurs raisons.
D'abord parce que j'ai quand-même parfois l'impression d'être la cinquième roue du carrosse, celle qui restera toujours seule, derrière. Attention, je n'écris pas ça pour m'apitoyer sur moi-même. Je pense que je suis en partie responsable de ce sentiment, puisque je me dévalorise très bien moi-même. Si, sur le plan amical, je suis confiante, sur le plan amoureux je reste persuadée que je ne peux pas plaire. C'est simple, je suis trop grosse, pas bien jolie, rigolote et sympa, peut-être, mais je n'ai pas l'impression de faire la différence. Et forcément, plus je crois cela, moins je plais... C'est donc difficile de rester seule, même si c'est aussi une situation très confortable car au fond de moi, j'ai peur !
Une autre chose difficile en tant que célibataire et d'autant plus dans ma tranche d'âge, c'est que beaucoup de gens me demandent des nouvelles de ma vie amoureuse : "alors, les amours?" "et toi, rien à nous raconter?" ... Pesant quand rien de nouveau ne se passe. Mais le pire c'est "oh, mais tu vas voir, ça t'arrivera quand tu ne t'y attendras pas " (ça fait longtemps que je ne m'attends plus à rien...), "mais comment ça se fait que tu sois toujours toute seule?" (ben si tu as la réponse, je t'en prie !), "mais tu ne rencontres personne ?" (si, mais je le cache sous mon lit). Franchement, au bout d'un moment c'est fatiguant malgré toute la gentillesse qu'il y a derrière. Et puis il y a les gens adorables, qui me disent "mais une fille comme toi, ça ne peut pas rester seule longtemps, tu vas voir, ça va arriver plus vite que tu ne le crois". C'est gentil, mais au fond je n'y crois pas.
Petit à petit, les amis en couples prennent un autre rythme de croisière. C'est normal, bien sûr, pour eux la vie se pense à deux maintenant. Mais là ce soir, ah non, ils ne peuvent pas vous voir, ils ont "un dîner de couples". Les couples se voient parfois entre eux, sans les célibataires, de temps en temps parce que "c'est pas pareil". Je crois que c'est ce qui est le plus dur pour moi. Pas qu'ils se voient sans moi, mais que la raison soit mon célibat. Dans les moments où j'ai moins le moral, ça me fait l'effet d'être une pestiférée (oui c'est exagéré
!!). Pour moi, mes amis sont mes amis, qu'ils soient en couples ou seuls, et ce genre de choses me blessent malgré moi, même si je sais que ce n'est pas le but ! C'est plus fort que moi, dans ces cas là, je me sens rejetée et confirmée dans mon célibat, alors que je sais pertinemment que mes amis ne veulent en aucun cas me blesser.
Surtout qu'il faut le dire, j'ai beaucoup de chance. Beaucoup de mes amies sont en couple, mais je les vois très souvent, avec ou sans leurs chéris (chéris que j'apprécie tous beaucoup, et en plus ils rendent mes amies heureuses). Nous avons pu garder nos petits moments entre filles, même si j'apprécie énormément de les voir en couple. Je les remercie infiniment d'avoir à la fois su m'intégrer dans leur nouvelle vie, mais aussi de nous ménager des petits moments féminins privilégiés !
Parfois, le blues revient, très rarement. J'ai eu un de ces moments l'autre jour et voilà ce que ça m'a inspiré: "Mais c'est plus fort que moi: si tout va bien pour moi professionnellement parlant, amicalement parlant, si je vais bientôt être propriétaire de mon chez moi, il reste un secteur où rien ne se passe (et dont j'ai complètement perdu le mode d'emploi) c'est le secteur amoureux. J'ai parfois la sensation que les autres avancent et que moi je cours mais jamais assez vite pour rattraper le train en marche, et que le fossé se creuse." En relisant ces mots aujourd'hui, je les trouve un peu exagérés, mais pas complètement faux, même s'ils ne m'attristent pas autant. Pas toujours facile la vie amoureuse !